Sur la route des parcs : l'expédition en 4x4 et motobécane de Dorian Mosettich
Publié le 10/02/2026
Finaliste de la première édition de la Bourse aux projets par AXA Passion, Dorian Mosettich s'apprête à prendre la route pour un projet inédit : un voyage au cœur des parcs à bord d'un 4x4 et d'une motobécane. À 24 ans, ce passionné d'environnement et de mécanique veut explorer les grands espaces naturels français tout en mettant en lumière ceux qui les font vivre.

Comment est née l'idée de ce projet de roadtrip à travers les parcs naturels français ?
C'est une idée qui mûrit dans mon esprit depuis environ deux ans. Juste après la fin de mes études, mon parcours s'est orienté vers le domaine de l'environnement, avec des formations suivies dans plusieurs régions du sud, notamment à Digne-Les-Bains et en Corse. Depuis mes 18 ans, j'ai toujours été partagé entre deux passions : l'univers de l'automobile, en particulier les voitures de collection et les modèles sportifs, et une sensibilité profonde à la nature, à la randonnée et à la protection de l'environnement. En découvrant des lieux reculés et riches en biodiversité, j'ai eu envie de réunir mes deux passions dans un projet qui me ressemble : valoriser le patrimoine automobile tout en transmettant des valeurs de respect de la nature et de voyage responsable.
L'automobile, c'est une passion qui remonte à mes dix ans, peut-être même avant. Mes parents m'emmenaient régulièrement à des rassemblements de voitures anciennes, et ça m'a marqué. Depuis, je participe à de nombreux rallyes, ça fait bien huit ans maintenant, et vivant dans le sud de la France, j'ai la chance d'être entouré de voitures d'exception et d'événements automobiles. Et la motobécane, c'est un rêve d'enfant. Depuis tout petit, je disais à mes parents que je voulais en avoir une.
Valoriser le patrimoine automobile tout en transmettant des valeurs de respect de la nature et de voyage responsable.
Vous prévoyez de visiter plusieurs parcs naturels. Comment avez-vous fait votre sélection ?
Je me suis basé sur des lieux que je connaissais déjà, pour approfondir certains sujets, tout en gardant une approche curieuse et ouverte. Tous les parcs choisis sont accessibles en deux à trois heures de route depuis chez moi, l'idée c'est de promouvoir le voyage local, de montrer qu'on peut vivre des expériences riches sans traverser la France ou prendre l'avion. Chaque étape du projet suit un fil conducteur thématique. Trois roadtrips sont prévus, chacun dans un parc naturel différent, avec une problématique environnementale centrale.
Le premier se déroulera dans le Parc naturel régional du Verdon. L'objectif est d'aborder la question de l'eau douce : sa gestion, son accès, et les enjeux liés à l'eau potable. Ce parc est particulièrement pertinent pour cette thématique, avec ses nombreux lacs, barrages et son histoire étroitement liée à l'eau.
Le deuxième aura lieu dans le Parc naturel du Mercantour. Cette fois, le sujet sera plus politique : la cohabitation entre l'homme et le loup. C'est une problématique complexe, qui soulève des débats passionnés.
Le troisième roadtrip est prévu dans le Parc naturel des Préalpes d'Azur, situé au-dessus de Grasse. C'est un parc moins connu, mais très riche en enseignements. Il fait face à des défis majeurs liés au changement climatique, notamment la baisse de l'enneigement. Certaines stations de ski n'ont plus que quelques jours de neige par an, voire aucune, et doivent repenser leur modèle économique : vélo, activités alternatives… En parallèle, la région connaît une désertification progressive, avec des perspectives d'emploi de plus en plus limitées.

Vous prévoyez aussi de rencontrer des habitants et de partager votre voyage sur les réseaux sociaux. Qu'aimeriez-vous transmettre ?
Ayant moi-même vécu dans des zones reculées durant mes études et mes stages, j'ai pu mesurer à quel point certaines populations sont isolées, parfois invisibles dans le paysage national, alors que notre société est de plus en plus centrée sur les grandes villes. Pourtant, ces personnes possèdent une richesse incroyable : une connaissance fine de leur territoire, de son histoire, de ses enjeux environnementaux. Ce que je souhaite, c'est leur faire sentir qu'on ne les oublie pas, et surtout valoriser leur savoir, leur expérience et leur attachement à leur territoire. Et au-delà de ces échanges humains, ce périple est aussi une invitation à ralentir, à observer, à se reconnecter à la nature.
Je prévois de réaliser des vidéos bilans à l'issue de chaque roadtrip, afin de synthétiser les informations, échanges et analyses recueillis. Ces contenus permettront non seulement d'établir des rapports clairs, mais aussi de créer un lien entre les différentes vidéos du projet. Ils offriront également des pistes de réflexion sur les problématiques abordées, en proposant des solutions d'adaptation ou des conseils environnementaux à destination des voyageurs souhaitant découvrir ces lieux uniques et fragiles.
Par ailleurs, j'envisage d'organiser des rencontres, ateliers ou conférences directement dans ces espaces, en partenariat avec les institutions des parcs ou les communes locales, afin de favoriser le dialogue et la sensibilisation.
Ce périple est aussi une invitation à ralentir, à observer, à se reconnecter à la nature.
Votre projet repose sur l'utilisation d'une motobécane et d'un 4x4 Land Rover, deux véhicules perçus comme polluants. Comment conciliez-vous cette approche avec votre engagement écologique ?
Cela peut effectivement sembler paradoxal pour un projet engagé en faveur de l'environnement, et c'est une question qu'on me pose souvent, à juste titre. La Motobécane 40V équipée d'un petit moteur et avec une faible consommation (à peine 3 litres de réservoir) est un véhicule simple, accessible, qui évoque des souvenirs et suscite la curiosité. Elle me permet d'explorer les villages, de rencontrer les habitants et de créer du lien humain autour du projet.

Concernant le Land Rover Santana 2500 DC, il est vrai qu'il consomme de l'essence et rejette des particules sous forme de fumée, mais il reste modeste en termes de puissance : environ 86 chevaux, avec une consommation moyenne de 8 à 9 litres aux 100 km. Je vais traverser des zones très reculées du sud de la France, où les routes peuvent être sinueuses, parfois verglacées ou boueuses. Dans ces régions, le 4x4 est presque indispensable : c'est le véhicule que beaucoup d'habitants utilisent au quotidien. Je crois qu'il est possible de faire cohabiter ces deux mondes. L'automobile, qu'elle soit de collection ou sportive, fait partie de notre patrimoine culturel, en France comme ailleurs. En parallèle, je vois que les mentalités évoluent. Dans le monde du rallye, par exemple, les gens sont de plus en plus sensibles à l'environnement.
Au-delà de tout cela, je ne prévois pas de longs trajets à travers la France, mais plutôt des déplacements locaux, dans un rayon raisonnable. Je veille à rester sur les pistes autorisées, souvent créées par les pompiers ou les agents forestiers, pour ne pas perturber les milieux naturels.

Vous avez évoqué trois grandes étapes dans votre projet, quand prévoyez-vous de démarrer ce périple et lequel vous enthousiasme le plus ?
J'aimerais finaliser la préparation d'ici la fin de la saison hivernale afin de démarrer le voyage entre la fin de l'hiver et le début du printemps. L'idée serait de commencer par le projet autour des stations de ski sans neige, en lien direct avec les effets du changement climatique. Les trois étapes me passionnent, chacune à leur manière : le Verdon, c'est chez moi, un territoire que je connais bien et que j'ai étudié à travers la thématique de l'eau ; le Mercantour me touche particulièrement, car le sujet du loup a été au cœur de mes études pendant deux ans ; et les stations de ski sans neige représentent une problématique très actuelle que je traite régulièrement dans mon travail.
Grâce à mes études, j'ai déjà quelques contacts dans les parcs naturels, notamment des éleveurs et des agents de l'OFB (Office Français de la Biodiversité), qui pourront m'aider à structurer mes rencontres. C'est la première fois que je me lance dans un projet de cette envergure avec des véhicules : j'ai acheté mon 4x4 en novembre 2024 et ma motobécane en mars 2024. Ce sera donc une grande première, à la fois sur le plan logistique et personnel.
Comment vous préparez-vous à cette immersion ?
La préparation se fait progressivement, surtout les week-ends. Il m'arrive de partir passer une nuit dans le Haut-Pays, près de chez moi, pour tester le matériel, m'habituer au couchage, et voir comment tout fonctionne sur le terrain. C'est une manière de me rôder, de mieux anticiper les besoins une fois en pleine immersion.
Je travaille aussi sur la partie communication, notamment sur les réseaux sociaux, pour comprendre ce qui fonctionne, ce qui attire l'attention, et comment partager au mieux ce projet. C'est un aspect important, car j'aimerais que ce voyage soit aussi un moyen de sensibiliser et de transmettre. Quant à la Motobécane, je la roule très régulièrement, donc elle est prête à partir.
Dans votre dossier de candidature à la Bourse aux projets vol.1, vous évoquez les « Santana Roadtrip Express », des courts voyages immersifs. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Les Santana Roadtrip Express, c'est une idée inspirée de ce que je vois beaucoup sur les réseaux sociaux : des personnes qui partagent des lieux magnifiques pour inciter à la randonnée ou à l'exploration. J'aime cette démarche de valorisation du territoire, mais je souhaite aller plus loin en proposant une approche plus responsable et plus locale. L'objectif, c'est de montrer qu'il existe, à seulement trente minutes de chez soi, des endroits incroyables où l'on peut s'évader le temps d'un week-end. Pas besoin de partir loin pour être dépaysé : il suffit parfois de changer de regard, de sortir de sa routine et de redécouvrir des lieux méconnus ou sous-estimés.
Ces mini roadtrips s'adressent à tous ceux qui ont envie de vivre une expérience simple, authentique et proche de la nature. Tout se passera via les réseaux sociaux : je partagerai mes itinéraires et mes découvertes, et les personnes intéressées pourront me contacter pour échanger, partager leurs propres coins favoris ou leurs histoires.
Comment envisagez-vous la suite du projet ?
Le projet se porte bien, même si le rythme a été ralenti ces derniers mois. Après la remise des prix de la Bourse aux projets début juillet, j'ai dû mettre mon projet en pause, car l'été correspond à la pleine saison dans mon travail sur la Côte d'Azur. C'est une période très intense, où il est difficile de dégager du temps pour avancer sur des projets personnels.
J'avoue que, sur le moment, ne pas avoir remporté le prix a été un petit coup dur. En tant que compétiteur, j'ai accusé le coup. Mais j'en ai tiré du positif, et aujourd'hui, je suis motivé à reprendre. Je recommence à sortir les week-ends, à me réorganiser, à tester du matériel, à m'entraîner au tournage et au montage vidéo. L'un des défis actuels, c'est le budget. Trouver du matériel adapté sans exploser les coûts, c'est compliqué. Mais je fais avec les moyens du bord, et je continue à avancer, étape par étape.
Pour moi, ce projet n'a pas vraiment de fin. Chaque parc naturel, chaque espace que l'on explore, soulève une problématique différente, une histoire à raconter, une rencontre à faire. Les trois roadtrips que j'ai partagés sont déjà un bon début, mais j'ai encore plein d'idées en tête, certaines que je préfère garder pour moi pour l'instant, afin de préserver un peu de surprise…
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Visuels : © Dorian Mosettich
