Quelle fiscalité pour la plus-value d’un véhicule de collection ?
Mis à jour le •Publié le • Par Igor Biétry•8 min de lecture
Collection
Vous revendez votre véhicule de collection ? Jusqu’à 5 000 euros, vous ne payez aucun impôt. Au-delà, deux régimes s’offrent à vous. Par défaut, une taxe forfaitaire de 6,5 % s’applique au prix de vente. Sur option, vous pouvez choisir l’imposition de la plus-value à 36,2 %6Taux en vigueur en 2026 : 6 % de taxe forfaitaire et 0,5 % de CRDS, 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Ces taux peuvent évoluer avec les lois de finances et de financement de la sécurité sociale.. La plus-value imposable baisse alors de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième, jusqu’à l’exonération totale après 22 ans. Encore faut-il que votre véhicule soit reconnu comme objet de collection, et pas seulement comme un véhicule ancien « classique ». Voici comment le vérifier, calculer votre impôt et réunir les bons justificatifs.
Quand un véhicule est-il considéré comme un véhicule de collection ?
Une définition précise au regard de l’administration
L’administration fiscale reprend la définition retenue par les douanes pour les véhicules de collection, motos de collection comprises1BOFiP, taxe forfaitaire sur les objets précieux.. Sont concernés :
- les modèles d’au moins 30 ans, conservés dans leur état d’origine, sans transformation importante ;
- certains véhicules ayant participé à un événement historique ;
- certains véhicules conçus, construits et utilisés pour la compétition, avec un palmarès sportif significatif.
Un certificat d’immatriculation portant la mention « véhicule de collection » peut également conforter ce statut.
Pourquoi le statut de véhicule de collection change la donne ?
Ce statut a un impact direct sur la fiscalité de la vente. Aux yeux du fisc, un véhicule de collection n’est plus une automobile ordinaire, mais un objet de collection. Il suit donc des règles particulières d’exonération, d’option fiscale et de déclaration.
Dans quels cas la vente peut-elle être exonérée ?
Un montant inférieur ou égal à 5 000 euros
Si le prix de vente de votre véhicule de collection est inférieur ou égal à 5 000 euros, la vente est exonérée, quel que soit le régime : ni taxe forfaitaire, ni impôt sur la plus-value. Le seuil s’apprécie vente par vente2BOFiP, cession de biens meubles.. Pour savoir de quel côté du seuil vous vous situez, estimez au préalable la valeur de votre moto de collection ou de votre voiture.
Une détention de plus de 22 ans, dans le régime de la plus-value
Cette exonération ne joue que dans le régime de la plus-value, présenté plus bas. La plus-value imposable bénéficie d’un abattement, c’est-à-dire une réduction, de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième année. Au bout de 22 ans, elle est totalement exonérée. Ce taux de 5 % s’applique depuis le 1er janvier 2014 ; il était auparavant de 10 % par an3.
La taxe forfaitaire, appliquée par défaut, ne tient pas compte de la durée de détention. Pour profiter de l’exonération après 22 ans, vous devez donc opter pour le régime de la plus-value.
Une vente au profit d’une institution publique
La vente est également exonérée lorsque l’acheteur est un musée bénéficiant de l’appellation « musée de France », la Bibliothèque nationale de France ou un service d’archives public1BOFiP, taxe forfaitaire sur les objets précieux..
Quels sont les deux régimes fiscaux possibles ?
La taxe forfaitaire sur le prix de vente
Par défaut, la vente d’un véhicule de collection de plus de 5 000 euros relève de la taxe forfaitaire sur les objets précieux. Son taux est de 6 %, auquel s’ajoute 0,5 % de CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale), soit 6,5 % au total. Elle s’applique aux ventes, mais aussi à l’exportation définitive du véhicule hors de l’Union européenne.
Vous la déclarez dans le mois qui suit la vente, avec le formulaire 2091-SD1BOFiP, taxe forfaitaire sur les objets précieux.. Lors d’une vente aux enchères de voitures de collection, c’est la maison de vente qui déclare et paie la taxe à votre place.
Le régime de la plus-value
Vous pouvez aussi opter pour le régime de la plus-value, avec le formulaire 2092-SD, à déposer lui aussi dans le mois qui suit la vente. Une condition : pouvoir justifier la date et le prix d’acquisition du véhicule, ou prouver que vous le détenez depuis plus de 22 ans4BOFiP, option pour le régime de droit commun des plus-values.. Le prix d’acquisition correspond au prix d’achat, ou à la valeur retenue lors d’une donation ou d’une succession.
L’impôt porte alors sur votre gain, c’est-à-dire la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition, et non sur le prix de vente. Attention, ce choix est définitif : une fois l’option exercée, vous ne pouvez plus revenir à la taxe forfaitaire pour cette vente4BOFiP, option pour le régime de droit commun des plus-values..
Comment se fait le calcul de la plus-value ?
Le calcul de la plus-value imposable part de la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition. Les frais de restauration et de remise en état s’ajoutent au prix d’acquisition, sur facture. En revanche, vous ne pouvez pas déduire les frais d’entretien courant ni l’assurance : ces dépenses correspondent à l’usage du véhicule, et non à un enrichissement du bien2BOFiP, cession de biens meubles..
Quel taux s’applique dans le régime de la plus-value ?
Dans le régime de la plus-value, vous payez 19 % d’impôt sur le revenu6Taux en vigueur en 2026 : 6 % de taxe forfaitaire et 0,5 % de CRDS, 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Ces taux peuvent évoluer avec les lois de finances et de financement de la sécurité sociale. sur la plus-value imposable. S’y ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux, soit une imposition globale de 36,2 %5Code de la sécurité sociale, articles L136-7 et L136-8..
Taxe forfaitaire ou plus-value : le comparatif
| Critère | Taxe forfaitaire | Régime de la plus-value |
|---|---|---|
| Application | Par défaut | Sur option |
| Base de calcul | Prix de vente | Prix de vente moins prix d’acquisition et frais de restauration justifiés |
| Taux6Taux en vigueur en 2026 : 6 % de taxe forfaitaire et 0,5 % de CRDS, 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Ces taux peuvent évoluer avec les lois de finances et de financement de la sécurité sociale. | 6,5 % (6 % + 0,5 % de CRDS) | 36,2 % (19 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux) |
| Durée de détention | Sans effet | Abattement de 5 % par an au-delà de la deuxième année, exonération après 22 ans |
| Justificatifs | Aucune preuve d’achat exigée | Date et prix d’acquisition, ou détention de plus de 22 ans |
| Formulaire | 2091-SD | 2092-SD |
| Délai de déclaration | Dans le mois qui suit la vente | Dans le mois qui suit la vente |
Exemple chiffré : quel régime choisir ?
Prenons une voiture de collection achetée 20 000 euros, restaurée pour 8 000 euros (factures à l’appui), puis revendue 45 000 euros.
- Avec la taxe forfaitaire : 45 000 × 6,5 % = 2 925 euros, quelle que soit la durée de détention.
- Avec le régime de la plus-value, après 10 ans de détention : la plus-value brute est de 17 000 euros (45 000 − 20 000 − 8 000). L’abattement atteint 40 % (8 années au-delà de la deuxième). Il vaut aussi pour les prélèvements sociaux5Code de la sécurité sociale, articles L136-7 et L136-8.. La plus-value imposable tombe à 10 200 euros, soit un impôt d’environ 3 692 euros.
- Avec le régime de la plus-value, après 18 ans de détention : l’abattement atteint 80 %, la plus-value imposable tombe à 3 400 euros, soit un impôt d’environ 1 231 euros.
- Après 22 ans de détention : la plus-value est totalement exonérée, l’impôt est nul.
Pour cette voiture, la taxe forfaitaire reste la plus avantageuse après 10 ans. Après 18 ans, en revanche, le régime de la plus-value l’emporte nettement. En règle générale, plus vous détenez votre véhicule longtemps et plus la plus-value est faible par rapport au prix de vente, plus le régime de la plus-value devient intéressant.
Ce calcul simplifié est donné à titre indicatif. Pour une vente importante, demandez conseil à un notaire ou à un conseiller fiscal.
Quels justificatifs faut-il conserver ?
Un dossier d’acquisition complet
Pour sécuriser la situation fiscale de votre véhicule de collection, conservez tous les documents qui retracent son entrée dans votre patrimoine :
- facture d’achat ;
- certificat délivré à l’issue d’une vente aux enchères publique ;
- acte de donation ou de succession ;
- certificat d’immatriculation ;
- factures de restauration.
Ces justificatifs prouvent la date à laquelle vous avez acquis le véhicule et le prix d’acquisition retenu pour le calcul de la plus-value.
Entretien, assurance, immatriculation : quel rôle jouent-ils ?
Les documents d’entretien, d’assurance ou d’immatriculation restent précieux pour prouver la traçabilité du véhicule et son historique de détention. Ils ne réduisent pas l’impôt pour autant : seuls les frais de restauration ou de remise en état s’ajoutent au prix d’acquisition.
Besoin d’assurer votre voiture de collection ? Comparez les garanties essentielles pour protéger votre patrimoine automobile.
L’essentiel avant de vendre un véhicule de collection
Avant de vendre votre véhicule de collection, prenez le temps de faire le point :
- vérifiez qu’il est bien reconnu comme véhicule de collection ;
- calculez depuis combien d’années vous le détenez ;
- estimez son prix de vente, pour savoir s’il dépasse 5 000 euros ;
- réunissez vos justificatifs d’acquisition et de restauration ;
- comparez la taxe forfaitaire et le régime de la plus-value.
Le bon choix de régime peut alléger nettement votre impôt, surtout pour les modèles de collection qui prennent de la valeur. Préparez votre vente dès maintenant pour protéger votre patrimoine automobile.
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2 BOFiP, cession de biens meubles (BOI-RPPM-PVBMC-10) ; CGI, articles 150 UA, 150 VB et 150 VC.
3 BOFiP, modification du taux de l’abattement pour durée de détention sur les biens meubles (ACTU-2014-00013) ; loi de finances pour 2014, article 18.
4 BOFiP, option pour le régime de droit commun des plus-values (BOI-RPPM-PVBMC-20-20).
5 Code de la sécurité sociale, article L136-7 et article L136-8, dans sa rédaction issue de l’article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.