Interview de l’Atelier by Marickael

11/08/2022

Les véhicules de loisirs ont la cote en Europe et notamment en France. Et pour cause, les français sont à la recherche d’aventure, de liberté et d’évasion. Une appétence au voyage qui se traduit par une augmentation considérable de l’achat de vans et de camping-cars, avec un record historique de plus de 100 000 camping-cars vendus en 2021, soit une augmentation de 60 % en 10 ans. *Source : UniVDL

Cet engouement pour les véhicules de loisirs a entraîné le développement d’une nouvelle activité : l’aménagement de véhicules de loisirs. L’entreprise « L’Atelier by Marickael » réalise et accompagne des projets d’aménagements de vans et de fourgons sur-mesure. Nous avons demandé à Marie-Sophie et Mickael, créateurs de cette société de nous partager leur aventure. Vous les aurez peut-être reconnus, ce sont les experts en aménagement de l’émission Van Mecanic sur RMC Découverte.


Bonjour Marie-Sophie. En 2019, et à l’approche de la trentaine, vous avez créé la société « L’Atelier By Marickael » avec votre conjoint. Pouvez-vous nous parler de ce projet de création d’entreprise ?

On peut dire que le tout début de l’aventure a commencé en 2015. Cette année-là, comme beaucoup de jeunes couples, on est parti en Australie pour vivre une expérience unique. Là-bas on a acheté notre tout premier véhicule : un vieux van Mercedes MB 100, qu’on a décidé d'aménager pour pouvoir facilement partir en expédition. En tant que jeunes voyageurs et avec un petit budget en poche, on a commencé à retaper le véhicule avec les moyens du bord : on utilisait l’électricité de centres commerciaux, on aménageait le van avec des matériaux qu’on trouvait dans la rue… C’était vraiment un aménagement d’improvisation. Enfin, on ne partait pas non plus de rien, vu que Mickael est menuisier et ébéniste de formation, c’est quand même une bonne base pour se lancer dans ce genre d’activité. [rires]

On a donc fait un petit bout de chemin avec notre van aménagé, et au moment de rentrer en France, on a dû le revendre… Notre aménagement avait évidemment fait grimper le prix du van, on était plutôt satisfaits de le revendre en faisant un bénéfice. L’idée de se lancer dans l’aménagement de vans est alors resté dans un coin de nos têtes.

En 2017, on est parti en Nouvelle-Zélande, et là on s’est finalement lancé dans ce projet et ça a tout de suite très bien marché. On a retapé 8 véhicules en 10 mois. On s’est fait connaître via les groupes Facebook de voyageurs français qui prévoyaient de faire le tour de la Nouvelle-Zélande en van. Séduits par nos aménagements, certains prévoyaient qu’on leur prépare leur van avant même leur arrivée sur le sol néo-zélandais. On allait les chercher à l’aéroport avec leur van et on leur laissait. Il nous restait plus qu’à rentrer à pied. [rires]

De fil en aiguille, on a réussi à créer notre petite entreprise, et de retour en France en 2018, on a ramené l’Atelier dans nos valises. On s’est installé dans le sud de la France, à Perpignan, c’est là que l’Atelier de Marickael a été créé.


Vous vous présentez comme des « créateurs de maisons roulantes », mais en quoi consiste réellement votre métier ?

Depuis la création de « L’Atelier by Marickael », on a une approche un peu différente de ce qu’on pouvait faire avant. Déjà, on n’achète plus les véhicules, mais on aménage ceux de nos clients. Et d’autre part, on propose des aménagements sur-mesure avec des finitions 100% personnalisées. Et donc pour proposer une offre de qualité, on étale les aménagements sur plusieurs mois, pour répondre au mieux aux besoins et envies de nos clients.

Voilà comment commence un projet. Les clients nous contactent et on leur propose de venir nous rencontrer directement à l’Atelier pour établir un devis. C’est primordial pour nous de les rencontrer physiquement pour être sur la même longueur d’onde pour pouvoir bien travailler ensemble pendant ces quelques mois, et en plus cela montre bien leur motivation. Ils nous font part de leur projet et on leur montre notre façon de travailler, les matériaux qu’on utilise, etc. Une fois qu’on s’est mis d’accord, on leur propose un devis sur-mesure et s’il est validé, on fait alors des plans 3D pour qu’ils puissent visualiser et ainsi mieux se projeter. À partir de ces plans, soit on les retravaille en fonction de leurs attentes, soit ils sont directement validés. On récupère alors leur véhicule et c’est parti pour 2 à 3 mois de travail, qui sont ponctués de vidéos et d’appels avec le client dès qu’il y a un obstacle à l’avancée de l’aménagement. On ne prend jamais de décisions, c’est toujours le client qui a le dernier mot. Un de nos principes est qu’on ne travaille pas pour nos clients mais avec nos clients.

En parallèle de ça, on a aussi élargi notre activité : on propose à nos clients de passer des homologations VASP (Véhicule Automoteur Spécialement Aménagé) qui sont obligatoires depuis 2018, et on a également un site e-commerce en ligne pour vendre des pièces et accessoires en lien avec ce secteur.


Vous proposez des créations « Responsables, Sur-mesure et Écologiques ». Pouvez-vous préciser ces points ? En quoi est-ce important pour vous ?

Oui, on utilise principalement des matériaux naturels, c’est très important pour nous, et ça va de pair avec notre style de vie de van lifer. On essaie d’être responsable même si le naturel a ses limites.

On isole les vans seulement en matériaux naturels, avec par exemple du bois dès que possible, de la laine de coton recyclé, un mélange composé de chanvre, lin et coton, ou encore des copeaux de lièges mélangés à de l’eau, directement projetés sur la paroi du véhicule qui permettent d’éviter la condensation. On tente de limiter les matières plastiques, on n’utilise pas de PVC pour la salle de bain, mais un matériau à base de feuilles de pierre, qu’on peut venir plaquer sur des parois en bois.


Vous êtes également spécialisés dans le coaching d’aménagement de vans. Pouvez-vous nous en dire plus ?

On a également développé le côté coaching, où on accompagne à distance les personnes qui souhaitent aménager leur véhicule. Ce n’est donc pas sous forme de travaux participatifs mais un accompagnement en visio et en vidéos pour les aider dans leur avancement et les débloquer si besoin. On fait par exemple des vidéos qui expliquent comment souder du cuivre, etc.

Nos clients ont le choix entre 2 formules : une formule 2 mois pour les experts et une formule illimitée pour les débutants. Étant donné notre charge d’activité, on se limite actuellement à 5 accompagnements coaching par mois.


Vous ne vous limitez pas aux vans mais aménagez également des fourgons plus originaux comme une ambulance de pompier, une estafette ou encore une Renault 4L. On peut dire que votre créativité est sans limites.Quel a été le projet le plus compliqué ? Pensez-vous à des projets encore plus inédits ?

C’est vrai que c’étaient des projets assez impressionnants, on les a faits grâce à l’émission Van Mecanic. En fait, la production nous a donné carte blanche en termes d’innovation et de gabarit, c’était top pour nous de pouvoir faire ce genre de choses. Notre grand rêve maintenant, ce serait de faire un School-Bus. S’il y a une saison 2 de Van Mecanic, on se lancera sûrement dans le Yellow Bus.


Alors justement, depuis 2020, vous apparaissez dans l’émission Van Mecanic sur RMC Découverte, qui suit votre aventure en tant que spécialistes de l’aménagement sur-mesure des vans et fourgons. Comment a débuté cette aventure ? Quelle a été votre réaction face à cette proposition ?

Depuis nos débuts, on poste régulièrement notre activité sur les réseaux sociaux, notamment en stories sur Instagram. On partage tout du début jusqu’à la fin d’un projet et on donne beaucoup de conseils. C’est donc sur les réseaux sociaux que la société de production nous a trouvé puis contacté en 2020. Ils nous ont expliqué le projet pour savoir si on était intéressés. Une semaine après, on les rencontrait dans notre atelier.

Quand on a appris la nouvelle, on était en route pour l’atelier. Arrivés devant l’atelier, Mickael est sorti de la voiture et s’est mis à danser : ça nous faisait plutôt kiffer de passer à la télé. Avant, on était animateur en Club donc la télé pour nous c’était que du plus pour notre activité, on n’avait pas forcément besoin d’en faire la publicité.


Comment s’est passé le tournage de l’émission Van Mecanic ?

La production a reproduit notre atelier en région parisienne, beaucoup plus grand que le nôtre, pour que notre activité colle le plus possible à la réalité.

On est monté 4 mois en région parisienne pour le tournage, autant dire que ça a été un choc thermique pour nous [rires]. Après c’était à Meaux donc le côté campagne ne nous a pas non plus trop dépaysé.

Durant ces 4 mois on a beaucoup travaillé : on a aménagé 8 véhicules. Heureusement on avait des petites mains qui nous accompagnaient, notamment 2 menuisiers. Les journées étaient très chargées, on se levait tôt et l’heure de fin de tournage était vers 23h. Après nos journées de travail on enchaînait avec les interviews face caméra racontant nos journées, pour qu’ils puissent au montage mettre la voix explicative sur les images de notre travail.

C’était un rythme très intense. On faisait comme un aménagement classique mais en accéléré, donc on devait faire des choix de matériaux différents de ceux qu’on utilise d’habitude, qui nous permettaient d’avancer plus vite. Isolation, plaquage, installation des câbles, montage du lambris, pose des meubles, etc. : on travaillait jour et nuit.

Ce qui était compliqué en plus de ce rythme, c’est qu’on devait expliquer à la caméra ce qu’on était en train de faire, chose qu’on n’avait pas l’habitude de faire, puisqu’on travaille machinalement au quotidien. C’est pas si simple de se concentrer sur plusieurs choses en même temps.

Mais au-delà de ça, c’était une expérience super et très enrichissante. En plus, on était à l’aise face à la caméra et c’était vraiment nous qu’on voyait à l’écran, nos proches nous l’ont aussi dit.

Maintenant parfois, on nous reconnait dans la rue, c’est sympa, les gens sont bienveillants et de manière générale il y a une bonne mentalité chez les van lifers.


Merci pour cette interview. Et pour finir, que pouvons-nous vous souhaiter pour la suite ?

Disons, que ça continue comme ça. On veut vraiment rester tous les deux, avec notre petite entreprise artisanale, à faire nos aménagements, et profiter de notre vie, de notre famille.

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