Sören Nguema : jeune prodige des planches

Publié le 21/04/2026

Cap'PassionPlaisance

À seulement 15 ans, Sören Nguema a été sacré Champion du Monde U17 en Windsurf en août 2025 à Pwllheli, au Pays de Galles, lors des Techno World Championships. Véritable touche-à-tout des sports de glisse, il nous raconte ce qui l'a poussé à monter sur une planche depuis son enfance.

Sören Nguema en action sur sa planche à voile
Sören Nguema, champion du monde de Windsurf

Tu as débuté la glisse très jeune. Peux-tu nous raconter ton parcours et ce qui t'a guidé vers ces sports ?

J'ai été initié à la voile dès tout petit. Peu après notre déménagement à La Rochelle, vers mes 9 ans, j'ai arrêté la natation pour pratiquer la planche à voile au club de la Couarde, sur l'Île-de-Ré. J'ai immédiatement aimé la planche à voile : ce sentiment d'aller vite sur l'eau, d'aller dans les vagues ! Mais aussi la possibilité de naviguer avec plusieurs types de planches : j'ai pratiqué la Bic 293 (Windsurf), l'iQFOil et le Wingfoil. C'est notre passe-temps familial et nous partons encore régulièrement plusieurs jours en mer.

Les sports de glisse sont rapidement devenus une passion. Mon père, qui avait fait sport-étude en section Judo, m'a conseillé de suivre cette voie pour concilier passion et études. C'est ce qui m'a conduit vers la section sportive Voile au collège Fromentin, à La Rochelle. Dès la 6e, j'ai renforcé ma pratique du sport avec plusieurs préparations physiques par semaine, en plus des navigations en mer.

Peux-tu nous en dire plus sur les sports de glisse que tu pratiques ?

J'ai commencé par le Windsurf, mais la planche a été retirée des séries olympiques pour être remplacée par l'iQFOil dès Paris 2024. Je me suis longtemps demandé avec quel type de planche à voile je voulais progresser. Si mon poids relativement léger me permet de performer en Windsurf, ce n'est pas le cas en iQFOil, où il faut être plus lourd parce qu'avec un foil, on vole au-dessus de l'eau.

Comme le Wingfoil pourrait devenir le sport olympique après les jeux de Los Angeles 2028, j'ai choisi de me spécialiser dans cette discipline. C'est un support (équipement qui permet de naviguer, NDLR) en plein développement qui est apparu il y a quelques années, où l'on utilise une voile gonflable, dissociée de la planche et de son foil.

Où t'entraînes-tu aujourd'hui et comment concilies-tu études et vie personnelle ?

Comme les entraînements et les déplacements aux régates rythment mon quotidien depuis la 6e, concilier études et navigation me semble normal. Si la météo le permet, je m'entraîne environ trois fois par semaine, au Dispositif Régional d'Entraînement (DRE) de La Rochelle et au club de voile La Rochelle Nautique. Peut-être qu'en terminale, avec la préparation du bac, je ralentirai sur les entraînements. (rires)

Dans la mesure où je rattrape les cours, j'ai la chance de pouvoir m'absenter quelques semaines par an pour aller régater. Être en sport-étude m'offre assez de temps en dehors des heures de navigation et d'entraînement pour assurer mes devoirs pour le reste de la semaine.

Quels sont tes titres et comment envisages-tu ton parcours sportif en équipe ?

J'ai gagné mon premier gros titre en 2023 en devenant champion de France minimes, puis j'ai terminé 10e à mes premiers Championnats du monde en Hongrie l'année suivante. 2025 a été mon année la plus intense : j'ai fini 6e aux championnats d'Europe en Italie puis champion du monde quelques mois plus tard en Angleterre.

Nous sommes quelques Français à nous croiser régulièrement sur les régates internationales : on pourrait dire que nous formons une sorte d'équipe de France. Malheureusement, la Fédération Française de Voile soutient peu la Bic 293, donc nous sommes très peu face à certaines nations où elle est très prisée, comme la Grèce, l'Italie, la Turquie ou l'Espagne.

Mon titre de champion du monde reste le moment le plus marquant de ma carrière.

Sur environ une semaine de régate, je suis resté dans le top 5, ce qui m'a mis en confiance. Grâce à ça, j'ai gravi une à une les marches du podium lors des trois dernières courses pour finalement détrôner celui qui était alors premier lors de la dernière course. C'était très éprouvant, mais le dénouement en passant la ligne d'arrivée a été incroyable pour moi quand j'ai réalisé que j'étais champion du monde !

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Visuels : © Georgie ALTHAM | PhotoBoat