Yves Parlier : à l’écoute des éléments

Publié le 29/06/2026

Cap'PassionPlaisance

Navigateur de renom et ingénieur des mers, Yves Parlier a toujours été en avance sur son époque. Surnommé « l’Extraterrestre » depuis la Solitaire du Figaro en 1991, sa passion pour la météorologie et la construction de bateaux l’a porté vers les sommets de la course au large. Il nous partage sa vision d’une navigation plus vertueuse avec le vent comme ressource.

Yves Parlier, navigateur et ingénieur des mers.

Dès l’âge de 12 ans, vous explorez l’univers marin au travers des récits Damien, autour du monde, de Gérard Janichon. Comment ont-ils façonné votre parcours ?

À l’époque, j’habitais en région parisienne et je me cherchais un peu, mais j’étais déjà passionné par les bateaux et la voile. Je m’étais construit une petite maquette d’un bateau à voile et j’avais l’occasion de partir naviguer l’été avec mon père. C’est lui qui m’a offert les tomes de Damien, parce qu’il était un peu désœuvré de me voir incapable de lire un livre à cause de ma dyslexie. J’ai réussi à la surmonter et ça a été pour moi une révélation. Je me suis complètement projeté dans cette histoire !

À partir de ce moment-là, j’ai commencé à lire tous les livres de la collection Mer aux Éditions Arthaud. Paraît-il qu’à la bibliothèque d’Orsay (91), il y a mon nom sur quasiment toutes les fiches « lecteur » (rires). Après j’ai lu des livres plus techniques sur la navigation, et je me suis abonné à la revue Voiles et Voiliers. J’ai multiplié les expériences, notamment faire le point au sextant dans ma chambre avec le reflet du soleil et les calculs astronomiques. Je me suis également formé à la météo. Je me suis construit un kayak sur lequel j’ai mis un mât et des voiles, et avec lui je partais naviguer sur les lacs environnants vers chez moi. C’est vraiment à partir de cette lecture que j’ai fait le choix de devenir marin et de partir à l’aventure autour du monde.

Dans le podcast Le pompon de Théo Robache, vous avez évoqué avoir découvert la construction de bateaux dès l’adolescence. Cette période de votre vie a-t-elle influencé votre vision de navigateur ?

Oui, complètement ! Quand je suis devenu coureur vers 24 ans, j’ai commencé sur un bateau que je m’étais construit et qui était très innovant puisque j’avais le premier mât en fibre de carbone au monde. Il était extrêmement novateur et performant, ce qui m’a permis de gagner ma première course transatlantique en solitaire, la Mini-Transat en 1985. Et après, je me suis autant épanoui dans la conception et la construction de mes bateaux, que dans les courses que j’ai gagnées avec eux. Plus que les victoires de courses à mon palmarès, je dirais que ce sont les innovations que j’ai amenées dans ce milieu qui me rendent fier ! Aujourd’hui, tous les bateaux de course sont équipés de mâts en fibre de carbone. Les matériaux composites sont omniprésents et les fixations par collage sont devenues monnaie courante. On pense que l’industrie la plus à la pointe c’est l’aéronautique, mais en réalité, c’est la course au large !

Depuis toujours, vous êtes passionné par la météorologie, et avez fait des études d’ingénieur en matériaux composites. Est-ce là que résidait votre force pour gagner autant de courses ?

Oui. Très jeune, j’ai compris qu’avec de la technique, on pouvait faire des choses extraordinaires ! Je me souviens que vers 7-8 ans, j’ai appris à grimper aux arbres et j’ai réussi à monter beaucoup plus haut que les autres, grâce à une technique que j’avais mise au point. En haut, j’ai découvert la vision de la canopée et j’ai eu cette révélation de me dire : « Je suis le premier à la voir de si haut. » Tout ça grâce à la technique ! En lisant les Damien, j’ai découvert des lieux où l’Homme n’était encore jamais allé à la voile. Je me suis accroché à cette idée de développer une technique pour aller là où les gens ne peuvent pas aller. C’est quelque chose qui m’a toujours suivi…

M’être intéressé à la météo très jeune et aux cartes s’est aussi renforcé par la nécessité de choisir la « bonne » route une fois en mer. Quelque part, j’ai appris à mieux utiliser les éléments naturels pour aller plus vite, en m’adaptant pour tenter de réaliser des exploits. C’est aussi cette connaissance de la météo, avant que le dérèglement climatique ne soit un sujet, qui m’a permis de m’interroger très tôt. Quand j’ai pris conscience de la fragilité de notre planète, de l’épaisseur ridicule de l’atmosphère, et de l’impact que pouvait avoir la pollution sur les limites planétaires, je me suis dit qu’il fallait que la compétition ait un sens et qu’elle soit plus vertueuse.

Je me suis autant épanoui dans la conception et la construction de mes bateaux, que dans les courses que j’ai gagnées avec eux.

Vous avez gagné de nombreuses courses et avez souvent navigué en duo. Avez-vous des souvenirs à partager avec nos lecteurs ?

Dès mon premier Vendée Globe en 1992, j’ai décidé d’utiliser les énergies renouvelables. C’était une première à l’époque. J’ai essayé d’entraîner l’ensemble de mes collègues de classe IMOCA, mais sans succès. C’est amusant parce que dans les années 90, j’ai tenté de convaincre Catherine Chabaud qui partait pour le Vendée Globe de 1996. Actuellement c’est la Ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, et depuis elle est aussi devenue une écologiste convaincue.

En 1999 j’ai réalisé la Transat Jacques Vabre avec Ellen MacArthur, et je l’ai prise sous mon aile pour la préparation du Vendée Globe de 2000. Lorsqu’elle a cassé un de ses étais pendant le tour du monde, je l’ai rassurée par radio. Je savais que j’avais perdu toute chance de victoire à cause de mon démâtage, du coup j’étais très motivé pour qu’elle gagne la course ! Elle est arrivée deuxième, et après cette course elle a fait une pause en Géorgie du Sud. Haut lieu de la pêche à la baleine, c’est une île que je connaissais bien grâce aux livres Damien. Ellen m’a confié que cette visite l’avait convaincue d’arrêter la compétition, pour s’engager dans l’économie circulaire. Ce sont des expériences et des échanges qui m’ont marqué, et c’est pour ça qu’aujourd’hui je m’engage au travers de Beyond the Sea.

Beyond the Sea : le vent comme énergie d’avenir

Vous avez lancé cette nouvelle activité en 2014, pouvez-vous nous en dire plus ?

Quand j’ai arrêté ma carrière sportive en 2006, je me suis interrogé sur le futur des marins et de leurs bateaux. Avec quelle énergie avancer, sans polluer davantage ? Notre façon de fonctionner n’est pas viable à long terme. Depuis des millénaires, les marins ont été les premiers à savoir se servir de cette énergie renouvelable et formidable qu’est le vent. Mais en l’espace de 100 ans, on a perdu cette connaissance. Il fallait trouver une solution qui soit plus performante que le moteur à explosion et les énergies fossiles.

Globalement, tout le monde est conscient de la crise climatique. Les armateurs annoncent être engagés sur des objectifs de neutralité carbone en 2050, mais dans la réalité si vous regardez la courbe, tous les ans il y a 3 % d’émissions en plus dans le secteur. Dire que les choses s’améliorent est faux, au contraire les choses empirent.

J’ai entraîné des écoles d’ingénieurs et des laboratoires de recherche comme l’ENSTA Bretagne, l’École des Mines, ou l’École Polytechnique. En encadrant des thèses, j’ai mesuré le potentiel des solutions portées par le vent, et je me suis lancé dans l’aventure en développant les solutions de traction par kite : LibertyKite®, SeaKite® et DynaKite®. J’avais la conviction qu’il fallait commencer par des petits kites comme le LibertyKite®, pour économiser un peu de carburant, et ensuite commercialiser un kite de sécurité pour les pannes de bateaux. Leur commercialisation a débuté en 2018 et aujourd’hui, nous comptons dans nos clients environ 70 % de plaisanciers et 30 % de professionnels. Depuis 6 ans, nous accompagnons aussi une grande majorité des bateaux du Vendée Globe. Le skipper Thomas Ruyant1 m’a même avoué : « Ah, il est super ton kite, c’est confortable comme oreiller ! » (rires) Mais voilà, dans leur cas, c’est aussi fait pour pouvoir être abandonné dans un coffre et les aider en cas d’avarie quand ils sont seuls au large…

La voile de traction LibertyKite® aide en cas de démâtage ou en convertissant un bateau à moteur en voilier.

Pour vous, quelle est la place des énergies décarbonées dans le monde marin ?

Je connais personnellement des skippers qui me disent : « Je préfère ne pas faire la Mini-Transat parce que le bateau va revenir en cargo. » Mais ça me chagrine, parce que c’est un mauvais calcul. Il vaut mieux aller jusqu’au bout et revenir à la voile par ses propres moyens, en utilisant des solutions qui permettent de décarboner le maritime. Plutôt que d’arrêter la course au large, il est préférable de devenir porte-voix des énergies renouvelables.

Nous sommes beaucoup d’entreprises françaises, issues de la course au large, à proposer des alternatives. C’est par exemple le cas du logiciel MaxSea développé dès la fin des années 80. Il optimise le routage des bateaux. Depuis, ils ont un petit peu abandonné le marché de la course au large, qui était une niche, et sont allés sur celui de la pêche et de la marine marchande. Même sans la propulsion vélique, le routage est un exemple qui permet déjà de réaliser des économies sur les retours de Transat.

Vous avez aussi des organisateurs de courses qui s’engagent et mettent en avant la propulsion vélique. Le Vendée Globe a créé une fondation pour la recherche scientifique. Et en 2024, OC Sport Pen Duick avec The Transat CIC (anciennement la Transat anglaise, NDLR) a donné un départ symbolique, très médiatisé. Nous étions trois navires à prendre ce faux-départ : Michel Desjoyeaux avec l’aile gonflable Wisamo Michelin, un bateau équipé de la voile épaisse ACCWing, et moi avec notre catamaran SeaKite. Toutes ces initiatives sont excellentes !

Sans bouleverser l’architecture du bateau, la voile de traction LibertyKite® permet de réduire la consommation du carburant. Le marin est capable de la diriger pour se déplacer dans une direction choisie.

Il faut sensibiliser au fait que la course au large est un formidable moteur de prise de conscience, notamment grâce aux kits pédagogiques. J’ai moi-même été très soutenu par des profs qui étaient complètement mordus de course au large et passionnés par la plaisance. Les élèves vivaient quelque chose de fort, qui les a marqués. Je pense que la course au large, par le message qu’elle véhicule, permet de sensibiliser les jeunes et tout un chacun à la protection des Océans. D’autant plus si les organisateurs des courses et les classes des navires se mobilisent dans ce sens-là.

Le SeaKite, catamaran démonstrateur

Pouvez-vous nous parler du SeaKite, votre catamaran démonstrateur, dont vous êtes le concepteur ?

Il a été dessiné à partir d’une feuille blanche à Arcachon où j’avais réuni de jeunes ingénieurs et l’architecte naval Romaric Neyhousser. J’ai monté Aquitaine Design Team, pour dessiner et concevoir le catamaran. Nous l’avons construit sur place à Gujan-Mestras (33) au sein d’un chantier naval lui aussi créé de toutes pièces, Construction Navale de La Rousse. Nous avons mené des essais avec la technologie des redans2, ce qui était révolutionnaire pour un voilier. Ce système est unique au monde, et on a baptisé le bateau l’Hydraplaneur. Le navire a été mis à l’eau en 2004 et, avec lui, on a établi deux records du monde de distance parcourue sur 24 heures, en équipage et en solitaire. Le programme s’est ensuite arrêté parce que j’avais un peu perdu de la motivation et que je voulais me consacrer au projet Beyond the Sea. Le bateau a dormi pendant dix ans.

Nous l’avons rénové en l’équipant de notre système de traction vélique et il est devenu SeaKite. Aujourd’hui, il sert pour nos essais avec les différentes surfaces de nos solutions de traction par kite : LibertyKite®, DynaKite® et SeaKite®. On l’utilise aussi pour former les kite masters : nos experts qui partent sur les navires former nos clients. Parfois ce sont aussi les équipages de nos clients qui viennent sur le bateau. Par exemple au printemps, un client chilien est venu apprendre le maniement du kite pendant trois semaines.

L’équipe Beyond the Sea.

Quelle évolution anticipez-vous dans la course au large ?

Aujourd’hui, tous les navires fonctionnent avec un couple de chavirement généré par la poussée vélique et un couple de redressement qui est physiquement dépendant et proportionnel au poids du navire. Je pense que le navire de demain sera celui qui vole au-dessus de l’eau, tracté par un kite. On arrive à faire aujourd’hui des voiliers volants, mais ils pèsent un poids considérable. Ils demandent des surfaces de toile très importantes et une gestion du vol très sophistiquée.

Le kite est un engin de propulsion qui permet de s’affranchir de cette loi physique, puisqu’il peut neutraliser le couple de chavirement en se fixant sur l’axe de la force antidérive. Le bateau se retrouve en équilibre entre les forces aérodynamiques et hydrodynamiques, ce qui permet un équilibre stable. Là où sur les voiliers d’aujourd’hui, vous retrouvez un équilibre instable avec la nécessité du poids comme stabilisateur. Grâce au kite, on peut faire un navire où la masse n’est pas nécessaire. Plus la force aérodynamique est importante, plus le bateau sera en équilibre, puisqu’il sera en traction entre ces deux forces antagonistes. C’est très technique, mais ça représente un potentiel sans commune mesure par rapport aux voiliers que l’on fait actuellement !

Sortie en mer pour le catamaran et démonstrateur SeaKite.

Une passion familiale

Le kite c’est une histoire de famille avec votre fils Nicolas, multi-champion du monde de kitesurf et de kitefoil. Comment partagez-vous cette passion familiale ?

Je me souviens lui avoir mis un cerf-volant monoligne dans les mains quand il avait un an. Il ne savait pas encore marcher et il était assis dans un pré à la montagne. Il n’a jamais voulu que je le lui reprenne (rires). Très vite, il s’est passionné pour le cerf-volant, s’est inscrit dans un club et dès qu’il sortait de l’école, il allait pratiquer.

Dans les années 2000, je me suis intéressé au kite, et j’ai embarqué des kitesurfeurs pour apprendre le maniement sur le bateau. Au bout d’un moment, j’ai embarqué mon fils et je me suis vite rendu compte qu’il pilotait mieux que certains moniteurs. Il est alors revenu très souvent avec moi pour piloter le kite pendant que je manœuvrais le bateau. Je me rappelle qu’un jour à Arcachon, je barbotais dans l’eau, et à un moment j’entends « Papa ! Papa ! ». Il était sur sa planche de skimboard3 mais en train de faire du kitesurf avec son aile de traction (rires). Sa mère lui interdisait le kitesurf parce qu’elle craignait les accidents. À partir de là, je me suis dit qu’il valait mieux que je lui passe mon équipement.

Deux mois plus tard, on l’a inscrit au Championnat de France de kitesurf qui passait par Arcachon et il a fini 20e sur les 120 participants, ce qui a été un déclencheur. L’année suivante, il est devenu champion de France et il s’est mis au kitefoil dès 2013 pour rapidement faire partie des meilleurs mondiaux. Il a aussi remporté le Défi Kite cinq années de suite. Aujourd’hui, il a arrêté la compétition, mais il est coach et entraîne des champions olympiques. Il se lance aussi des défis personnels, comme l’an dernier, lorsqu’il a réalisé un tour de France non-stop en kitesurf et sans assistance.

Pour conclure, quels sont vos futurs projets et où peut-on vous retrouver ?

Dès qu’il y a du vent, nous réalisons des sessions d’essais sur notre catamaran démonstrateur le SeaKite dans le bassin d’Arcachon. Si les lecteurs souhaitent le voir, le bateau se trouve soit au port d’Arcachon, soit au mouillage au quai Goslar devant le Cercle de la Voile d’Arcachon. Lorsqu’on envoie notre kite de 200 m² au bout de ses 200 mètres de ligne, généralement les gens n’ont pas trop de mal à nous repérer (rires).

Personnellement, j’aspire à réaliser un tour du monde avec un navire tracté par kite d’ici deux ans, pour continuer la recherche et la promotion de Beyond the Sea. Ce sera avec un autre catamaran, beaucoup plus habitable que le SeaKite.

Yves Parlier en 4 courses

1985 – Mini-Transat

À 24 ans, il gagne la course dès sa première participation, en rejoignant Pointe-à-Pitre en 31 jours 20 heures 37 minutes et 15 secondes.

1991 – Solitaire du Figaro

Sa connaissance fine de la météo l’aide dans ses choix de routes et le mène jusqu’à la victoire. Jugeant ses idées risquées mais payantes, les autres marins le surnommeront dorénavant « L’Extraterrestre ».

1997 – Transat Jacques Vabre

En duo avec Éric Tabarly, ils arrivent premiers en 19 jours 23 heures 19 minutes 10 secondes. Améliorant par la même occasion le temps des IMOCA à l’époque.

Durant la course, on a croisé le sillage d’un pétrolier en train de dégazer. La mer était couverte de pétrole… on était furieux avec Éric ! Ça a été un déclencheur de mon engagement pour la Planète.

2000-2001 – Vendée Globe

Alors qu’il est en tête de la course, son mât se casse en trois en plein océan Indien. Ne pouvant pas continuer sous gréement de fortune, il décide de mouiller sur l’Île Stewart au sud de la Nouvelle-Zélande. Là-bas, l’ingénieur se lance dans un chantier titanesque : réparer son mât avec ce qu’il a à bord et sans assistance…

Il reprend la mer après 10 jours de réparations. Quand ses vivres viennent à manquer, il pourra compter sur les conseils de marins du monde entier pour pêcher. Il réalise ainsi son tour du monde en 126 jours, 23 heures et 36 minutes.

Une épopée à retrouver dans son récit autobiographique Robinson des mers (éd. Robert Laffont), paru en 2001. Mais aussi dans le téléfilm Seul, de Pierre Isoard, dans lequel il est incarné à l’écran par Samuel Le Bihan.

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1 Navigateur ayant remporté six courses transatlantiques sur quatre supports (Class40, IMOCA, Figaro 2 et Mini 6.50 prototype). Vainqueur en IMOCA de la dernière Route du Rhum, en 2026 il reprendra le départ avec l’IMOCA Advens 3.

2 Partie quasiment verticale en abord de la coque, c’est une surface plane située entre le fond de coque et les bordés de muraille.

3 Planche que l’on jette sur le sable mouillé et avec laquelle on peut faire des glissades de quelques mètres sur un petit film d’eau.

Visuels : © Patrice Hauser, Collection Yves Parlier, Beyond the Sea.