Championnat de France des Sables : Le débarquement

20/11/2022

45 minutes. C’est le temps record qu’il aura fallu pour clore la liste des engagés au Championnat de France des Sables millésime 2022/2023… Un engouement toujours plus fou pour un championnat qui l’est tout autant.

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Une compétition moto tout terrain à succès

Vous rêvez de rouler à fond de cinquième - soit à plus de 150 km/h - avec votre moto d’enduro ou de motocross sur la plage ? Celle-là même où vous étendiez votre serviette de bain l’été dernier ? Oui ? Alors il existe une solution : vous inscrire au prochain Championnat de France des Sables. Mais si vous envisagiez de participer à toutes les épreuves de cette série qui se dispute entre octobre et février, sachez qu’il est déjà trop tard… Il n’aura en effet fallu que 45 minutes pour que les 260 places disponibles (140 en motos, 120 en quads) ne trouvent preneur. Une réservation en forme de prise d’assaut et un nouveau record de précocité pour un championnat créé en 2005.

Mais pourquoi un tel engouement ? Comme l’avance Frédéric Schots (délégué du Championnat de France des Sables) dans l’interview qu’il nous a accordé, l’explication tiendrait déjà au calendrier et au fait qu’à cette période de l’année, entre l’automne et l’hiver, il offre la possibilité aux pilotes d’étancher leur soif de compétition en participant à un vrai championnat. Certes, mais on ne parle alors là que des pilotes participant à l’intégralité de la série, pas de ceux s’engageant seulement sur une ou deux épreuves. Parce qu’en tout, ce ne sont pas seulement 300 pilotes qui ont fréquenté le championnat lors de la saison passée, mais près de 4 000 pilotes ! Il y a donc d’autres explications à ce succès.

Une succession de courses d’enduro sur les plages de l’Atlantique

En premier lieu, la spécificité de ces courses qui se déroulent toutes sur du sable... Une lapalissade peut-être pour un championnat portant ce nom, mais la première des réalités à rappeler car expliquant en premier chef, l’attrait de la série. C’est bien d’abord l’envie de rouler sur le sable qui pousse les pilotes à s’engager. Et pas un sable de carrières, ni de manèges à chevaux, mais bien le sable du littoral atlantique, ce sable lourd chahuté et façonné par les vagues (seule l’épreuve de Magescq se déroule quelques kilomètres à l’intérieur des terres) qui offre aux pilotes une texture unique. Une texture et un environnement où la plage s’affirme comme la colonne vertébrale de la plupart de ces épreuves. Un côté presque irréel que de rouler sur ces longues landes de sable qui bordent l’océan, les vagues et leur écume venant parfois lécher les roues des motos lancées à pleine vitesse…

Dans une période où l’écologie, dans sa frange la plus dure, entend s’imposer à tous, limitant les actions humaines considérées non vertueuses (donc par nature l’essentiel des actions), l’image d’une chevauchée fantastique orchestrée par un millier de motards (et même 1 400 au départ de l’épreuve reine de l’Enduropale du Touquet) filant sur une plage, a quelque chose d’irréel… D’irréel et presque de décalé… Tout du moins à priori. Parce que la réalité est encore une fois ailleurs, que la mémoire de forme d’une plage ne dure que l’instant d’une marée, et que les actions mises en place par les organisateurs auprès des concurrents et de leurs équipes d’assistance garantissent un impact minime sur l’environnement, en tout cas, d’après les enquêtes réalisés – et on les sait particulièrement scrutées – bien moindre que celui d’estivants allongés l’été sur ces mêmes plages.

Ce sable prisé pour l’essentiel par ceux qui le foulent du pied tout au long de l’année, puisque beaucoup des pratiquants viennent en effet du Nord, berceau historique de ces épreuves dont l’enduro du Touquet s’est disputé pour la première fois en 1975. Ce sable qui ne se laisse pas facilement maîtriser, qui réclame un pilotage très spécifique et les heures d’entraînement qui vont avec pour en capter toutes les subtilités, à la fois la technique, mais aussi pour acquérir le physique indispensable qui permettra d’espérer venir à bout, et au bout de ces courses longues de trois heures (seule la première disputée à Berck-sur-Mer se déroule sous un format plus court emprunté au motocross et non à l’endurance tout-terrain).

Un Championnat moto envoutant pour un public au rendez-vous

Trois heures à affronter des vagues de sables se creusant au fur et à mesure que la course s’étire, où les ornières s’allongent, où les sauts se percent, trois heures où l’image du sable lisse et immaculé que vous aviez devant les yeux au moment du départ se range au rayon des souvenirs dès la fin du premier tour de course. Un univers envoûtant que les pilotes réguliers du championnat, les érudits de la silice, aiment retrouver course après course. Mais aussi un univers impressionnant auquel se frottent chaque année des centaines de novices, cherchant dans cet engagement à s’approprier un morceau d’histoire et peut être bien plus à faire acte de bravoure.

Se frotter au Touquet reste le Graal pour l’ensemble des participants. Pour les pros comme pour le plus novice des amateurs, il est une constante, celle d’aborder l’Enduropale du Touquet avec autant d’envie que d’humilité. Une course mythique où quelques-uns viennent y chercher la gloire, quand l’immense majorité s’y attaque pour écrire une histoire toute personnelle. Des histoires d’ailleurs, il y en a presque autant qu’il y a de concurrents, certainement l’une des raisons expliquant aussi pourquoi cette série draine autant de publics. Une affluence soutenue sur toutes les épreuves, avec des pics impressionnants à Berck ou à Hossegor où on compte les spectateurs par milliers, même si ce n’est rien en comparaison de la marée humaine qui investit chaque année, le temps d’un long week-end, la station balnéaire du Touquet.

Une foule où l’on comptait selon la mairie cette année encore environ 500 000 spectateurs sur la côte d’Opale. L’occasion de mesurer la popularité de l’événement (d’autant qu’à l’instar des autres courses du championnat, l’entrée y est gratuite), la force de son enracinement, et l’intérêt, voire l’amour que cette foule porte aux 2 500 pilotes engagés sur ce week-end (en comptant toutes les catégories, jeunes, espoirs, quad, vintage…) et à leurs machines.

Si le titre de champion de France des Sables est convoité, n’importe quel pilote l’échangerait sans aucune hésitation contre une victoire au Touquet. Retransmise en directe par plusieurs chaînes de télévisions (chaînes gratuites), portée par un demi-million de spectateurs sur site, diffusée sur tous les canaux digitaux, cette épreuve apporte à celui qui la remporte une reconnaissance quasi éternelle… Presque aussi forte que les souvenirs ancrés à jamais dans la mémoire du pilote amateur qui aura réussi l’exploit personnel de terminer la course. Car si parfois, le sable file dans son réceptacle en verre pour mesurer le temps qui passe, il sert ici à marquer l’instant, rendant ce moment éternel à celui qui l’aura brassé trois heures durant.

Par Thierry Traccan / Visuels : Courses sur sable – Xavier Leporcher

Les dates du Championnat 2022/2023

L'ensemble des épreuves, date par date.

15-16 octobre : Berck-sur-Mer

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29-30 octobre : Loon-Plage (59)

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19-20 novembre : Magescq (40)

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26-27 novembre : Saint Léger de Balson (33)

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10-11 décembre : Hossegor-Capbreton (40)

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14-15 janvier : Grayan et l’Hôpital (33)

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4-5 février : Le Touquet (62)

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